Le Bengal

Compte tenu de ses origines et de son programme d’élevage le bengal ne doit ressembler à aucun autre chat domestique. Le « look sauvage » doit toujours être présent et très important.

On peut considérer le Bengal comme  faisant partie des races relativement  récentes. Il est le résultat des caprices de l’homme qui a toujours rêvé de caresser les fauves. L’ancêtre du Bengal, le Prionailurus Bengalensis , est un petit félin sauvage d’Asie, présent du Népal à la Sibérie en passant par l’Indochine et la Chine. Ce petit léopard d’Asie à la splendide fourrure à une  taille compatible à celle d’un chat.

 

Au début des années 60 une généticienne américaine, Jean Sugden Mill tenta une hybridation entre une femelle Asian Leopard cat (ALC) et un chat domestique noir à poils courts. Alors qu’elle pensait ce croisement stérile « Malaysia» donna naissance à deux chatons, dont une femelle  nommée Kin Kin. Les experts pensaient qu’elle serait (comme la plus part des animaux issus de deux espèces différentes) stérile. Pour vérifier cette théorie Jean Mill la croisa avec son père. Contre toute attente une portée vit le jour. Certains chatons étaient noirs d’autre étaient brown spotted tabby .Malheureusement suite à différentes circonstances ces chatons n’eurent  pas de descendance et Jean Mill stoppa son programme d’élevage .Aucun bengal actuel ne descend donc de cette toute première hybridation.

 

Dans les années 80, elle reprit pourtant son travail de sélection. Elle réalisa plusieurs hybridations entre des chats domestiques et des Asian leopard Cat. Les chatons issus de ces croisements sont considères comme étant les bengals de fondation et se retrouvent dans les pedigrees de tous les bengals actuels.

 

Parallèlement elle reçu plusieurs (8 au total)  F1 issus d’un programme de recherche sur la leucose Féline mené par le docteur William Centerwall de l’université de Davis en Californie. A cette époque on pensait à tord que ces chats étaient naturellement immunisés contre cette affection.

Dans un même temps elle importa d’Inde un « Indian mau » possédant une splendide robe qu’elle nomma Millwood Tory of Delhi.

 

 

Le chat du Bengal était né, un long travail de sélection allait alors commencer. Il fallait à la fois conserver le « look » sauvage du Félis Bengalensis, qui doit évidemment être important et le caractère doux et équilibré du chat domestique. Ce travail s’avéra d’autant plus difficile que tous les males F1 et la plus part des males F2 se révélèrent stériles.

 

D’autres races établies comme notamment le burmese, le mau égyptien, l’abyssin ; l’american short hair, le siamois … furent utilises pour faire du bengal ce qu’il est aujourd’hui. Il fallait à la fois  fixer certaines caractéristiques physiques mais aussi accroître le pôle génétique.

 

D’abord nommé leopardette par Jean Mill, le choix du nom définitif est attribué à William Engler. Ce propriétaire d’un zoo, tenta également, mais sans succès durables des hybridations.

Ce nom de bengal est dérivé du nom scientifique du Félis Bengalensis.

 

Jean Mill, ayant pleinement réussi son pari, présenta ses Bengals en exposition des 1985. Le succès fut immédiat. Peu après la race fut officiellement reconnue par The International Cat Association (TICA) tout d’abord en tant que nouvelle race (1986) puis en championnat. Outre Atlantique il fallu  attendre 1991 pour que le brown spotted tabby soit admis en championnat et 1994 pour que le patron marbled et les «  snow «  le soit à leurs tours.

En France, l’Association Nationale des Cercles Félins de France fut la première fédération à reconnaître le bengal en championnat (1989 pour le brown spotted et 1991 pour le marbled et le snow).

Aujourd’hui les bengals sont présents dans la quasi-totalité des expositions de par le monde, et sont reconnus (avec des standards qui peuvent légèrement varier) par toutes les grandes fédérations internationales existantes. La dernière en date est le Cat Fanciers Association (CFA) qui a enfin accepté de reconnaître la race en championnat à compter du 1 mai 2018.

En France, les chats sauvages et les hybrides F1 à F4 inclus sont interdits dans les expositions et les présentations LOOF

 

Le premier Bengal américain fut importé en France en 1989. Il s’agissait d’une femelle brown spotted tabby Millwood Lady Benjï of Petit Poucet, élevée en Californie par Jean Mill et importée par Odile Caillard-Arnoux. En 1994, Iaka du Petit Poucet était sacrée « meilleur Bengal »  de la région Europe par la TICA, et figurait dans le classement  (awards) des meilleurs chats de l’année.

 

Rapidement, d’autres éleveurs sont venus rejoindre le petit groupe des passionnés. Odile Caillard-Arnoux (Petit Poucet), Georges Vallez (Rio d’Erclin), Philippe Pennetier (du Temple d’Hypocrate), Patrick Thevenot (Sun Savana) et Steven Corneille (Moulin Rouge) …. furent les pionniers de la race qui connue un succès rapide. Aujourd’hui, l’élevage français est florissant. Certains éleveurs ont rapidement acquis une réputation internationale et produisent des chats de qualité exceptionnelle.

 

Aujourd’hui le bengal fait parti du Top Ten des races les plus représenté en France ou  Il  occupait le 3eme rang en 2018 derrière le Maine Coon et le Chat sacré de Birmanie. En 2017 le Livre Officiel des origines félines a enregistré 3291 demandes de pedigree. Ce chiffre est resté stable en 2018.

 

Le Bengal est une race maintenant bien établie. Aucun croisement avec une autre race n’est autorisé. Importante au début du travail de sélection, la consanguinité a atteint ces dernières années un niveau normal. Aujourd’hui 50,3% des chatons ont un taux de consanguinité tractable compris entre  0 et 1,9 % et 40,3% ont un taux situé entre 2 et  9,9 %

 

Les importations très importantes dans le passé sont ces dernières années en chute libre. Au cours des deux dernières années seules 146 importations (limitées aux 15 premiers pays)  ont été enregistrées.

Si dans les années 90 et 2000, la majeure partie des chats importés venait des Etats-Unis, à l’heure actuel ils viennent majoritairement du Canada et de Russie (25 sujets importés en 2 ans pour chacun de ces deux pays).

Les importations en provenance des Etats-Unis ont chuté au 12 eme rang avec uniquement 4 sujets d’importés ces deux dernières années. A ce jour les importations au sein des Pays d’Europe sont les plus importantes

 

Les éleveurs ayant présidé à la mise au point de la race avaient probablement l’intention de mettre l’accent sur le Brown spotted tabby. Le hasard des croissements et de la génétique en décidèrent autrement.

 

Le bengal existe en deux patrons le Spotted/Rosetted Tabby qui ressemble vraiment à ses ancêtres sauvages et le Marbled tabby.

 

Chez le spotted/Rosetted, les rosettes (taches) sont disposées au hasard ou alignées horizontalement. Elles doivent être larges, nettes et bien distinctes les unes des autres. Elles sont présentes sur tout le corps y compris sous le ventre qui doit être également taché. Les rosettes sont composées d’au moins deux couleurs différentes et peuvent avoir soit la forme d’une empreinte de patte, soit d’une pointe de flèche ou soit d’un anneau …

 

Le marbled est la version sauvage du tabby classique .Les marques classiques sont allongées horizontalement au point de ressembler aux veines du marbre.

 

Le bengal peut exister en différentes divisions et couleurs. Certaines d’entre-elles sont reconnues en championnat, d’autres ne peuvent concourir qu’en nouvelles couleurs. Enfin certaines ne sont pas reconnues du tout.

 

Le bengal existe dans les  Catégories :

  • Traditionnel : (Coloration Intense sur tout le corps – Ex Brown Spotted/Rosetted Tabby)
  • Sepia : Les extrémités sont intensément colorées La couleur est légèrement atténuée sur le reste du corps – (Ex : Seal Sepia Spotted/Rosetted Tabby)
  • Mink :  Les extrémités sont densément colorées Le corps est légèrement coloré – (Ex Seal Mink spotted/Rosetted tabby)
  • Point : Les extrémités sont intensément colorées La couleur est très atténuée sur le reste du corps  – (Ex Seal Point spotted/Rosetted tabby)

 

Pour les division :

  • Solide (acceptée uniquement comme auxiliaire d’élevage)
  • Tabby (motif spotted/rosetted et marbled)
  • Silver (motif spotted/rosette et marbled)

 

En France les couleurs reconnues (jugement traditionnel) sont :

  • le noir ( brown tabby, black silver tabby, seal tabby Pt, seal mink, seal sépia …….)
  • le bleu (Bleu tabby, bleu silver tabby, bleu tabby Pt , bleu mink, bleu sépia….. )

(le bleu n’est pas reconnu en championnat par la Tica ansi que par certaines autres féderations étrangères)

 

Les bengals solides (non agoutis – noir ou bleu) sont considérés comme auxiliaires d’élevage. Ils n’ont pas accès au championnat, mais peuvent être utilisés pour la reproduction. Ils peuvent être présentés à l’examen de conformité et donc obtenir le niveau 2 du SQR. Ils peuvent également participer aux spéciales d’élevage et figurer le cas échéant dans les 10 meilleurs chats sélectionnés.

 

Quelle que soit la couleur considérée, toutes les nuances sont admises, aussi bien pour la couleur de base que pour la couleur des marques tabby. Le contraste entre la couleur de base et celle des marques doit être extrême.

 

En France, et à l’heure actuelle le bengal est exclusivement reconnu en  poils courts. Cependant depuis les débuts de la race, des chats à poils longs sont apparus dans certaines portées. Sous la pression de certains éleveurs les choses sont entrain de changer. Le bengal poils longs (ou Cashmere) est reconnu depuis peu en Championnat par The International cat Association (TICA) ainsi que par certaines autres fédérations.

Un groupe d’éleveur français œuvre actuellement pour débuter le processus de reconnaissance par le Loof.

 

Le Bengal est un chat affectueux, avide de tendresse,  chaleureux et très attachant. Proche de l’homme dont il recherche la compagnie, il demeure toute sa vie très attaché à son maître. C’est un chat bien équilibré supérieurement intelligent. Il est curieux et s’intéresse à tout ce qui l’entoure.

 

C’est un chat extrêmement bavard. Il possède un « vocabulaire » mélodique exceptionnel. Dans certaines circonstances sa voix rauque, grave et puissante est impressionnante et rappelle alors celle des fauves.

 

Comme un certain nombre de  chats à poils courts, c’est un  chat vif et dynamique. Une musculature importante, une souplesse et une détente exceptionnelle font de lui un redoutable chasseur.

 

Le Bengal est un chat à croissance longue et lente. Grand, puissant et musclé, il lui faut du temps pour arriver à maturité et être en pleine possession de sa beauté. Les femelles évoluent très lentement et n’atteignent leur plein épanouissement que vers l’âge d’un an. Les mâles quant à eux sont plus précoces. Quel que soit l’âge le dysmorphisme sexuel est important.

 

Comme pour la plupart des chats à poils courts, son entretien ne pose aucun problème particulier. Son toilettage est relativement facile et les soins à apporter à un Bengal sont ceux qui relèvent de l’hygiène la plus élémentaire.

 

Son alimentation est la même que celle des autres chats et doit bien entendu être de qualité.

 

Les vaccins et les tests sont absolument identiques.

De son ancêtre sauvage, le chat du Bengal a gardé un goût très prononcé pour l’eau, sans aller comme lui jusqu’à se baigner de lui-même, il aime passionnément jouer avec elle.

Le bengal est un chat fascinant sur bien des plans. Il permet notamment à l’homme d’assouvir l’un de ses fantasmes : domestiquer et caresser le fauve. A l’heure actuelle le bengal est une race en pleine évolution et tout laisse à penser que les années à venir nous réserveront bien des surprises

 

Martine Caillard – Steven Corneille